Matériel éducatif coloré pour compter et apprendre, posé sur une table
Dyscalculie · Guide pratique

Dyscalculie : qu'est-ce que c'est et exercices à faire à la maison

Par l'équipe ZubibookMis à jour en juillet 2026~9 min de lecture

Si vous êtes arrivé jusqu'ici, c'est sans doute parce que les nombres « résistent » à votre enfant ou à votre élève d'une façon qui ne colle pas avec ce que vous observez dans les autres matières. Cet article explique calmement ce qu'est la dyscalculie, quels signes l'accompagnent le plus souvent (sans chercher à diagnostiquer quoi que ce soit) et plusieurs exercices de dyscalculie concrets à pratiquer à la maison, classés par âge.

Ce qu'est la dyscalculie, expliqué calmement

La dyscalculie est un trouble spécifique des apprentissages lié aux nombres et au calcul. Elle n'a rien à voir avec l'intelligence de l'enfant ni avec les efforts qu'il fournit : c'est une différence dans la façon dont son cerveau traite les quantités, les suites numériques ou les opérations de base. On pourrait dire qu'elle est aux mathématiques ce que la dyslexie est à la lecture : une difficulté précise, délimitée, qui s'entraîne et se compense très bien avec l'accompagnement adapté.

Et, comme la dyslexie, elle est plus fréquente qu'il n'y paraît. Selon plusieurs études recensées par discalculia.com, la dyscalculie touche entre 3 % et 8 % de la population en âge scolaire, un chiffre comparable à celui de la dyslexie et du TDAH. Si chez vous ou dans votre classe il y a un enfant à qui les nombres « n'entrent pas » malgré les révisions, ce n'est ni un cas isolé ni un problème d'effort.

Signes fréquents (ceci n'est pas un diagnostic)

Comme chaque fois que l'on parle de troubles des apprentissages, cette liste est seulement indicative. Ce n'est pas un outil de diagnostic et aucun enfant n'a besoin de présenter tous ces signes pour avoir une dyscalculie ; en présenter un isolé ne signifie pas qu'il en ait une.

  • Difficulté à compter correctement et précisément, même avec de petites quantités et après beaucoup d'entraînement.
  • Difficulté à comparer des quantités : il a du mal à voir d'un coup d'œil quel groupe a le plus ou le moins d'éléments.
  • Difficulté à associer le nombre à la quantité qu'il représente (par exemple comprendre que « 5 » signifie cinq objets réels).
  • Confusion avec les signes mathématiques, comme intervertir le plus et le moins, ou ne pas se rappeler ce qu'indique chacun.

Si plusieurs de ces signes vous parlent et durent dans le temps, le plus utile n'est pas de continuer à chercher sur internet, mais d'en parler à l'enseignant ou l'enseignante et, le cas échéant, à un professionnel (pédiatre, psychopédagogue ou orthophoniste) qui pourra évaluer la situation précise.

Exercices pratiques à faire à la maison, par âge

Ce sont des exercices de soutien pensés pour 10 à 15 minutes, avec du matériel que vous avez sûrement déjà à la maison : des objets à compter, du papier et un peu de patience partagée.

Illustration d'une fillette jouant avec un boulier coloré et des chiffres flottants, comptant les perles avec les doigts
Voir et toucher avant de mémoriser : compter des perles, des doigts ou des objets réels avant de passer au nombre abstrait aide à construire une image mentale solide de la quantité.

De 5 à 7 ans : compter et partager

5-7 ans

Partager avec des exemples réels. Prenez une poignée de biscuits (ou de pois chiches, ou de briques de construction) et demandez à l'enfant de les partager en parts égales entre plusieurs peluches ou entre les membres de la famille. Partager pour de vrai, avec des objets qu'on peut toucher, aide bien plus que de le faire sur le papier.

Associer nombre et quantité. Écrivez un nombre sur une carte et demandez de poser dessus exactement cette quantité de boutons ou de petits cailloux. Puis l'inverse : comptez un groupe d'objets et cherchez la carte portant le nombre correspondant.

De 8 à 10 ans : suites et comparaisons

8-10 ans

Ranger du plus grand au plus petit. Écrivez plusieurs nombres sur des cartes séparées (par exemple 34, 12, 58, 7) et demandez de les ranger du plus grand au plus petit, en expliquant à voix haute pourquoi un nombre est plus grand qu'un autre.

Compléter la suite manquante. Écrivez une suite avec un trou, comme 2, 4, __, 8, 10, et demandez quel nombre manque et pourquoi. Commencez par des suites simples (de 1 en 1, de 2 en 2) avant de les compliquer.

De 11 à 13 ans : calcul avec appui visuel

11-13 ans

Partage avec reste, en contexte réel. Proposez un partage qui ne tombe pas juste (par exemple partager 17 biscuits entre 4 amis) et laissez utiliser des objets réels ou des dessins pour découvrir combien en reçoit chacun et combien il en reste, avant de passer aux seuls nombres.

Suites numériques avec opérations. Travaillez des suites un peu plus complexes (par exemple en retirant 3 à partir de 50) et demandez de les compléter en s'appuyant sur une droite numérique dessinée, pas seulement mentalement.

Conseil transversal : quel que soit l'âge, mieux vaut toujours utiliser des exemples visuels et manipulables (objets, dessins, cartes) avant de passer aux nombres abstraits. Voir et toucher la quantité aide bien plus que de mémoriser le symbole.

Quand la dyscalculie s'accompagne de dyslexie ou de TDAH

Il est fréquent que la dyscalculie n'apparaisse pas seule. Selon les mêmes études, près d'un quart des cas s'accompagnent de dyslexie ou de TDAH, ce qui a du sens : ils partagent des mécanismes d'attention, de mémoire de travail et de traitement symbolique. Cela ne complique pas le pronostic, mais aide à comprendre pourquoi les difficultés avec les nombres accompagnent parfois des difficultés de lecture ou d'attention sur une tâche longue.

C'est précisément parce que beaucoup de familles le demandaient que nous avons élargi le catalogue Zubibook à la dyscalculie, avec des cahiers ajustés par âge et par langue, comme nous le faisions déjà pour la dyslexie, le TDAH et l'autisme.

Cet article propose des informations générales et des activités de soutien. Zubibook n'est pas un établissement sanitaire ou éducatif agréé : il ne remplace ni le diagnostic ni le suivi d'un professionnel. En cas de doute sur le développement d'un enfant, consultez un spécialiste.

Rappel : les activités de ce guide sont un soutien général. Elles ne remplacent pas l'évaluation d'un orthophoniste, d'un psychopédagogue ou d'un pédiatre, seuls à même d'orienter le cas précis de votre enfant ou de votre élève.

Prochaine étape

Si ces exercices vous ont été utiles, l'étape naturelle est un cahier complet qui en combine plusieurs, déjà ajusté à l'âge, à la langue et au niveau exact de votre enfant ou de votre élève, sans avoir à le préparer vous-même chaque semaine. Chez Zubibook, vous en générez un en quelques minutes et le téléchargez en PDF prêt à imprimer.

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