Dyslexie et TDAH à la fois : comment adapter le matériel quand ils vont de pair
Il y a un moment bien précis où beaucoup de familles respirent un grand coup et se disent « voilà, maintenant je comprends » : le jour où elles découvrent que leur enfant a une dyslexie et un TDAH à la fois. Ce n'est pas l'un ou l'autre, ce sont les deux combinés. Et arrive alors la frustration suivante, presque immédiate : tout le matériel qu'elles trouvent sur Internet semble pensé pour une seule des deux difficultés, jamais pour les deux ensemble.
Contenu de ce guide
Combien d'enfants ont une dyslexie et un TDAH à la fois
La première chose à savoir, c'est que cette combinaison n'est ni rare ni exceptionnelle : elle est bien plus fréquente qu'il n'y paraît à première vue. Selon les données recueillies par la Fundación CADAH, environ 33 % des enfants dyslexiques présentent également un TDAH. Vu de l'autre côté, dans les échantillons d'enfants avec TDAH, on détecte une dyslexie ou un autre trouble spécifique des apprentissages dans 25 % à 50 % des cas.
Autrement dit : si votre enfant est dyslexique, il y a plus d'une chance sur trois qu'il ait aussi du mal avec l'attention soutenue. Et s'il a un TDAH, il existe une probabilité non négligeable que la lecture et l'écriture lui demandent un effort supplémentaire qui n'est pas toujours détecté du premier coup. Le savoir aide à se défaire du sentiment d'« être un cas à part » et à comprendre que le matériel et les aides devraient eux aussi être pensés pour cette combinaison, et pas seulement pour chaque difficulté prise séparément.
Pourquoi le matériel générique échoue dans ces cas
Le problème n'est pas qu'il manque du matériel pour la dyslexie ou du matériel pour le TDAH — il y en a pas mal, de plus en plus. Le problème, c'est qu'ils ne sont presque jamais pensés pour coexister chez le même enfant en même temps. Chacun résout bien sa propre difficulté, mais complique sans le vouloir l'autre.
Une fiche de lecture-écriture bien conçue pour la dyslexie comporte généralement des textes progressifs, une répétition espacée de motifs syllabiques et des exercices qui s'étendent sur plusieurs lignes ou plusieurs pages pour consolider l'apprentissage. C'est exactement ce dont a besoin un enfant dyslexique. Mais si ce même enfant a aussi un TDAH, maintenir l'attention pendant toute cette fiche peut être, tout simplement, trop : la motivation chute bien avant la fin, et ce qui devait être un renforcement devient une autre source de frustration.
L'inverse se produit de façon similaire. Une fiche d'attention pensée uniquement pour le TDAH peut être remplie d'instructions en paragraphes denses, avec une typographie petite ou peu espacée, en tenant pour acquis que « lire la consigne » n'est pas un obstacle. Pour un enfant dyslexique, cette même consigne est déjà la première barrière, avant même de commencer l'exercice d'attention en lui-même.
Le résultat, c'est que beaucoup de familles se retrouvent avec deux piles de fiches différentes, chacune ne résolvant que la moitié du problème, et avec l'impression que « quelque chose ne colle pas » même si chaque fiche prise séparément est bien faite.
Comment adapter le matériel quand ils vont de pair
La bonne nouvelle, c'est qu'adapter le matériel à cette combinaison ne signifie pas inventer quelque chose de complètement nouveau : cela signifie appliquer en même temps les critères des deux difficultés, sans que l'un annule l'autre. La différence entre un matériel pensé pour une seule difficulté et un matériel pensé pour les deux à la fois se remarque généralement tout de suite :
📄 Matériel pensé pour une seule difficulté
- Des exercices longs, idéaux pour consolider la lecture mais difficiles à tenir avec un TDAH
- Des instructions en texte dense, sans support visuel
- Aucune pause prévue au sein de la fiche
- Une typographie standard, pas toujours confortable pour la dyslexie
- Résout bien une difficulté, complique l'autre
🧩 Matériel pensé pour les deux à la fois
- Des séances plus courtes, avec une conclusion claire et atteignable
- Une typographie claire de type Atkinson Hyperlegible, pensée pour la lecture
- Des instructions visuelles simples, avec le soutien d'une icône ou d'une image
- Des pauses intégrées au sein même du cahier
- Ajusté aux deux difficultés sans qu'aucune ne passe au second plan
Rien de tout cela n'est magique ni ne nécessite de matériel spécial coûteux : c'est avant tout un changement d'approche. Il s'agit de se demander, fiche après fiche, « est-ce que cela fonctionne aussi bien pour l'attention que pour la lecture ? » avant de la donner à l'enfant.
Recommandations pratiques pour la maison et le cabinet
- Des séances de 10 à 15 minutes, pas plus. Mieux vaut faire deux séances courtes par jour qu'une longue qui finit en dispute. L'objectif est que la séance se termine avant que l'attention ne s'épuise, et non l'inverse.
- Une seule instruction visible à la fois. Si la fiche demande « lis le texte, souligne les mots contenant « ll » puis entoure les verbes », découpez la tâche et montrez une étape à la fois. Moins d'instructions simultanées, moins de charge à maintenir.
- Célébrer ses propres progrès, pas la comparaison. Ce qui compte n'est pas de savoir s'il a terminé « comme les autres enfants de sa classe », mais s'il a tenu aujourd'hui un peu plus longtemps que la semaine dernière, ou s'il a fait moins d'erreurs de lecture que la fois précédente.
- Se coordonner avec l'école. Partager avec l'enseignant ou l'enseignante le type d'aménagements qui fonctionnent à la maison (séances courtes, support visuel, pauses) aide à ce que les mêmes principes soient maintenus en classe, plutôt que l'enfant reçoive des messages différents selon le contexte.
Une idée qui aide à baisser la pression : il n'est pas nécessaire que chaque séance « règle » parfaitement les deux difficultés à la fois. Il suffit que le matériel n'ajoute pas d'obstacles supplémentaires à l'une ou à l'autre, et que l'enfant termine avec le sentiment d'avoir été capable de faire la tâche.
C'est précisément le type de situation où il est le plus pertinent de personnaliser le matériel selon la combinaison exacte de difficultés, et pas seulement selon l'une d'elles. Avec Zubibook, vous pouvez générer un cahier qui combine dyslexie et TDAH au sein d'un même document, en ajustant à la fois la typographie, la longueur des fiches et le soutien visuel des consignes, au lieu d'avoir à mélanger à la main des matériels pensés séparément.
Cet article propose des informations générales et des activités de soutien. Zubibook n'est pas un établissement sanitaire ou éducatif agréé : il ne remplace ni le diagnostic ni le suivi d'un professionnel. En cas de doute sur le développement d'un enfant, consultez un spécialiste.
Rappel : ces exercices sont un soutien et un renforcement d'ordre général. Ils ne remplacent pas l'évaluation d'un professionnel de santé ou de l'éducation, seul à même d'orienter le cas concret de votre enfant ou de votre élève.
Prochaine étape
Si, à la maison ou en cabinet, vous composez avec une dyslexie et un TDAH à la fois, inutile de continuer à mélanger des fiches provenant d'endroits différents. Avec Zubibook, vous pouvez générer un cahier qui tient compte des deux difficultés dès le premier exercice, ajusté à l'âge et à la langue réelle de la famille, prêt à imprimer en quelques minutes.
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